jeudi 1 novembre 2012

«Le présentisme» Vincent Pellegrini

L’historien Pierre Nora, de l’Académie française, a été interviewé par Jean Sévillia sur le temps présent et la crise que traverse aujourd’hui l’Europe. Pierre Nora a constaté notamment: «Ce qui se déroule sur le plan économique et financier ou sur le plan politique représente les symptômes d’une crise beaucoup plus générale, que je serais tenté de définir comme une crise de civilisation. Ce qui est frappant, aujourd’hui, c’est de constater à quel point on voit se développer, dans à peu près tous les grands domaines, une vision catastrophiste de l’avenir. (…) Sur le plan culturel global, pour ce qui concerne le rapport au temps, aux générations, à la filiation, je n’ai pas besoin de vous dire la crise de la transmission que notre société traverse. (…) J’ose à peine parler d’une crise de spiritualité, mais ce que nous subissons ressemble profondément à cela. (…) L’historien était autrefois le trait d’union entre le passé et l’avenir. Il était celui par qui le passé restait vivant pour affronter l’avenir. Ce lien entre le passé, le présent et l’avenir s’est rompu. La catégorie du présent, au lieu d’être un trait d’union entre le passé et l’avenir, est devenue en effet en raison de ce que mon ami François Hartog définit comme le présentisme, cette tentation de notre société de n’avoir pas d’histoire.» Nous avons bel et bien changé d’époque…

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